Développement personnel : effet de mode ou nécessité ?

La demande en développement personnel explose… Les techniques de développement personnel, qui connaissent un fort essor depuis une décennie, correspondent à des aspirations profondes au mieux-être. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter les ouvrages consacrés au développement personnel : souci de soi, gestion de soi, gestion du stress, bien-être, mieux-être, bonheur, communication non violente, affirmation de soi, confiance en soi, réussite, succès, pensée positive, techniques pour atteindre le bonheur, pour réussir à lâcher prise, bref, pour être à l’aise dans toutes les situations de la vie personnelle et professionnelle. Des revues grand public, qui allient psychologie et développement personnel « fleurissent » également.

Depuis une dizaine d’années, l’engouement réel du public pour les méthodes de bien-être, de développement personnel, montre les limites de notre société de consommation axée sur la performance qu’impose « l’homo economicus », synonyme de stress généralisé. Cela nous donne à penser qu’il s’agit là, non pas d’un simple effet de mode mais, plus profondément, de l’expression d’un besoin vital que l’approche consumériste de la société actuelle n’a pas les moyens de satisfaire.

Et comme l’écrit fort justement Edgar Morin dans son ouvrage « La voie », paru en janvier 2011 : « La recherche d’un art de vivre est un problème très ancien abordé par les traditions de sagesse des différentes civilisations et en occident par la philosophie grecque. Il se présente de manière particulière dans notre civilisation caractérisée par l’industrialisation, l’urbanisation, la recherche du profit, la suprématie donné au quantitatif… La mécanisation de la vie, l’hyperspécialisation, la chronométrisation, l’application du calcul et de la logique de la machine artificielle à la vie des individus, la généralisation d’un mal-être au sein du bien-être matériel provoquent en réaction une aspiration à la «vraie vie».
Le public est donc en recherche de solutions, mais il peut être en difficulté pour s’y retrouver face à un « psycho-marché » qui l’invite à consommer du développement personnel, comme il consomme les autres biens matériels.

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